Environnemental, sans ostentation

Lycée
Lycée - Sain-Bel (69)
Bâtiment tertiaire - Sain-Bel (69)

Vu de l’est, le lycée se caractérise par une grande prairie en pente douce devant un volume en béton bois et verre duquel jaillissent deux barrettes en terre cuite ébène qui se détachent progressivement au-dessus du terrain naturel. En premier plan et léger contrebas, un groupement harmonieux de petits volumes capotés de terre cuite rouge.

Le lycée du pays de l’Arbre est implanté sur le plateau qui domine à l’ouest la vallée de la Brévenne où sont nichées les agglomérations anciennes de L’Arbresle et de Sain-Bel. Le site est extrêmement privilégié. En pente douce vers l’est, il offre un large panorama sur les Monts du Lyonnais.

Environnemental, sans ostentation

Démarche environnementale exigeante

La région Rhône Alpes a été pionnière en matière de sensibilité à la qualité environnementale du bâtiment, en particulier sur deux points : l’économie d’énergie et la notion de coût global. Elle a pour objectif de réduire les dépenses de maintenance, quitte à investir davantage en amont sur la pérennité du bâti. Les performances énergétiques du bâtiment ont fait l’objet d’un suivi attentif pendant les deux années après la mise en service. Ceci a permis une mise au point de la gestion technique du bâtiment sur l’éclairage asservi à la présence et à la lumière naturelle, la ventilation double flux, le pilotage du chauffage au bois, etc. C’est donc le bilan réel des performances qui a été annoncé au terme de ces deux années. Il a permis, par exemple, de démontrer que pour un établissement en demi-pension dont le taux d’occupation est à peine de 20%, le retour sur investissement de capteurs solaires thermiques n’est pas probant. Michel Maurice précise : « La conception du lycée dans une volonté de proximité de l’homme avec la nature et spécialement avec le monde végétal a été résumée dans un abécédaire distribué aux utilisateurs et relayée par le corps enseignant qui en a fait un sujet d’étude. Il ne suffit pas de mettre des capteurs solaires pour faire oeuvre pédagogique. »

L’oublié des programmes en vedette

Le programme d’un lycée est très normé et la marge de manoeuvre des architectes est assez limitée sauf sur un point : les espaces de circulation, 15% environ, ce qui va faire l’essence du projet. Tout à la fin du programme on trouve le préau, un espace résiduel, mi intérieur mi extérieur, sur lequel il y a peu d’exigences. Ici, le préau est devenu le coeur de l’établissement. Au lieu des 250 m2 demandés, les architectes lui ont attribué 1200 m2. Il devient une place couverte qui articule tous les éléments du programme : lieu d’exposition, d’événements divers, dont le rayonnement va bien au-delà du public lycéen.

 

 

Liberté, égalité, fraternité… et biodiversité

La pente du terrain révèle sa géologie. Les architectes ont construit avec la pente en s’appuyant sur l’observation des corps de fermes de la région. Le bâtiment principal est implanté sur la partie haute pratiquement plane. C’est là que s’étalait une mare de 1400 m2, d’origine artificielle, profitant de la présence d’une lentille d’argile. Il était prévu de l’assécher et de la remblayer. Les architectes ont observé qu’elle était le foyer d’une biodiversité de faune et de flore qu’ils ont cherché à maintenir en créant une douve aquatique sur toute la longueur de la façade urbaine du lycée. Elle participe avec les toitures végétalisées à la gestion des eaux pluviales. Elle est alimentée par la bâche de récupération des eaux de pluies et, par son évaporation, contribue à une hygrométrie favorable en période chaude. La douve a été ensemencée d’une grande diversité de végétaux aquatiques et a été choisie comme lieu de séjour par de nombreuses espèces animales. Elle est franchie en trois points par des petits ponts de bois.

La façade d’entrée exposée à l’ouest alterne la pierre jaune associée au bois et la grande verrière du préau. La pierre jaune est une ressource naturelle de proximité et le matériau de l’architecture vernaculaire. Elle forme ici un bouclier thermique ventilé. Devant les vitrages, des volets moucharabieh permettent de maîtriser l’ensoleillement. Sur la façade est du volume principal, se greffent deux barrettes lancées sur des soubassements très en retrait qui sont de hauteur croissante pour épouser la pente. Calées au nord, elles laissent libre, jusqu’à la limite sud du terrain, une vaste prairie approximativement carrée de plus d’un hectare. Ces deux ailes qui forment entre elles un angle légèrement ouvert, sont dédiées l’une à l’enseignement général, l’autre aux salles de sciences. Entre deux « colonnes » réservées aux circulations verticales et aux sanitaires, elles offrent toutes deux des grands plateaux sans contrainte de cloisonnement. Les façades sont composées de bardages de terre cuite de couleur ébène et de bandes vitrées filantes qui sont protégées par des brise-soleil verticaux en mélèze au sud. Le calepinage des façades a été basé sur le module du bardeau de terre cuite pour ne pas avoir à recouper celui-ci.

 

 

Bien chez soi près du Lycée

Les sept logements de fonction sont situés sur un appendice de la parcelle au sud-est. Ils sont d’une volumétrie très simple à deux niveaux et groupés par deux et trois, offrant ainsi une compacité économe en matériaux et en thermique et libérant plus d’espace naturel. Dissociés des logements, les garages et celliers sont alignés en écran protecteur sur la voirie de desserte au nord. Le système constructif garantit une bonne inertie thermique et donc un confort d’été appréciable : gros oeuvre en béton et vêtures protégeant une isolation extérieure. Les longs pans presqu’aveugles sont en bardage de terre cuite rouge, en continuité avec la couverture en tuile à emboîtement de même couleur. Le module du bardeau a déterminé la dimension de ces longs pans et la saillie de cette enveloppe plissée en terre cuite qui protège les pignons ouverts sur l’entrée et le jardin et traités en bardage de mélèze. Cette saillie est soulignée par un capotage en tôle laquée.

Pour
résumer

// Programme : Lycée 900 – demi-pension – sept logements de fonction.

// Maîtrise d’ouvrage : Région Rhône Alpes.

// Maîtrise d’ouvrage délégué : SERL.

// Maîtrise d’oeuvre : Atelier Arche, architectes à Lyon – Michel Maurice, chef de projet.

// SHON : 9630 m2.

// Date de livraison : août 2008.

// Montant des travaux HT : 15 M€.

// Produit(s) de terre cuite : bardeau lisse, ébène et rouge. Tuile à emboîtement à pureau plat rouge.

// Entreprise de pose : Euro-façade.

Les projets similaires

Petit pas de deux entre briques et tuiles pour le pôle danse et musique
#Nominé Architendance 2016 Dédié aux arts de la danse et de la musique, cet ensemble s’inscrit dans l’espace sans volonté de rupture. Les tonalités sont en harmonie avec l’environnement. L’approche de l’équipe concernant les enjeux de développement durable est intégrée. Chaque intervenant sur la conception en porte la responsabilité.
voir le projet
+
Maison de Santé
#Grand Prix Spécial du Jury Architendance 2016 #BQ+A Bernard Quirot Architectes et Associés Leçon d’architecture Pour cette maison de santé située au pied de la colline éternelle de Vézelay, les contraintes liées à ce périmètre classé ont fait un naître un ensemble qui réinterprète sur un mode très contemporain les lignes et les couleurs de l’un des plus beaux villages de France.
voir le projet
+
Pôle éducatif
#2ème prix Architendance 2014 #Thierry GHEZA Dans cette toute petite commune, il s’agissait d’inscrire un bâtiment dédié à l’enfance sur un site aux architectures hétérogènes, avec comme impératif un toit en pente légère. « Notre idée a été de créer une liaison visuelle avec le paysage, un mur avec un toit qui fasse signe dans le village » explique l’architecte Thierry Gheza. « Cette insertion a été résolue grâce à l’emploi de tuiles en terre cuite qui apportent un relief et des couleurs modernes ».
voir le projet
+
La forêt faite école
Entouré de grands pins des Landes très élancés, le groupe scolaire semble presqu’enfoncé dans le sol sous les longs pans de ses toits en tuile rouge. L’impression est toute autre à l’intérieur, tant les volumes sont généreux et lumineux sous les rampants de toiture en bois blond. Saint-Aubin-de-Médoc est une commune résidentielle au coeur des Landes Girondines. Avec 2 700 hectares de forêt sur 3500 hectares de superficie totale, elle peut légitimement revendiquer le titre de « Village Nature ». Le choix de la municipalité de localiser le nouveau Groupe scolaire en bordure des 50 hectares de la Plaine des Sports est très judicieux. Ce voisinage permet de mutualiser les équipements. Les limites du terrain n’étaient pas définies de façon rigide et laissaient donc une grande marge de manoeuvre aux architectes. « Quasiment plat, avec une très bonne tenue du sol aux charges et sans présence d’eau, le terrain présentait des caractéristiques physiques et géologiques optimales pour la conception du projet, au profit d’une réflexion libérée sur l’intégration au site et l’usage, au bénéfice des enfants et des habitants de Saint-Aubin-de-Médoc. Bénéfice également financier, tient à souligner Éric Wirth, l’architecte du projet, puisque, l’essentiel de l’investissement a pu être affecté, pour une fois, à ce qui se voit. »v
voir le projet
+